..Qu'est-ce qu'être saint se demandait donc Dom Helder ? Ce serait très naïf, expliquait-il, de croire qu'être saint, c'est avoir
des visions, faire des miracles, mener une vie rude et ascétique. Non, être saint c'est plus simplement laisser agir la grâce sanctifiante qui rend saint et que nous avons tous reçue à notre
baptême. Oui, être saint, c'est être convaincu que la sainteté est à notre portée, quand bien même il nous arrive de chuter. « Être saint, précise-t-il, c’est se relever tout de suite chaque
fois que l’on tombe, avec humilité et avec joie ; c’est de pouvoir dire : « Oui Seigneur, je suis tombé un million de fois. Mais avec ta grâce, je me suis relevé un million et une fois
». Être saint, nous dit Dom Helder, c'est donc reconnaître que nous valons toujours plus que ce que nous faisons, c'est ne jamais se satisfaire de notre agir, de ne jamais baisser les bras.
Bien sûr, nous sommes tous pécheurs, mais le saint est celui qui ne s'en satisfait pas et qui repart toujours au combat une fois que Dieu l'a remis en selle. Et ce n'est pas si simple que cela.
La solution de simplicité serait en effet de se dire que le combat est trop dur et donc que nous renonçons du même coup à le mener sachant qu’il est perdu d’avance. Et bien le saint, c'est
celui qui refuse cette logique de l'abandon, c'est celui qui sait que Dieu va le pardonner et lui donner les forces pour qu'un jour il triomphe enfin. Cela prendra peut-être du temps, des
années, des dizaines d'années, mais au regard de l'éternité qui nous est promise qu'est-ce qu'une année, une dizaine d'années...
Je vous loue, vous adore et vous glorifie, ô mon bon Jésus, à cause de votre immense charité, et de la douceur de votre Coeur tout
aimant! je vous en conjure, puisque de l'autel de votre Croix vous avez répandu pour moi votre Sang précieux, répandez aussi en moi votre Saint-Esprit, qui m'apprendra à ne pas recevoir en vain de
si grands bienfaits. Que me servirait-il d'être lavé dans
votre Sang, si je n'étais pas encore vivifié par votre Esprit qui doit m'apprendre à toujours conserver sans tâche les vêtements que j'ai lavés dans votre Sang?
Ô Jésus!
La douceur même, de ce trône de grâce et de pardon, de cette Croix où je vous vois attaché, envoyez-moi donc votre Esprit:
il m'apprendra à vous témoigner ma reconnaissance, à rendre ma vie en tout semblable à votre vie, à m'associer
à vos douleurs et à votre mort; il me dira de quelle manière je vous rendrai amour pour amour, et comment, jusqu'à la fin, je resterai le fidèle serviteur de celui qui m'a racheté et racheté à un si haut prix.