Jean-Paul II et le « Traité de la Vraie Dévotion »

Publié le par domemma

La lecture de ce livre a marqué dans ma vie un tournant décisif. Je dis tournant
bien qu'il s'agisse d'un long cheminement intérieur qui a coïncidé avec ma
préparation clandestine au sacerdoce. C'est alors qu'est tombé entre mes mains
ce traité singulier, un de ces livres qu'il ne suffit pas d' "avoir lus". Je me rappelle
l'avoir porté longtemps sur moi, même à l'usine de soude, si bien que sa belle
couverture était tachée de chaux. Je revenais sans cesse et tour à tour sur certains passages.

Je me suis aperçu bien vite qu'au-delà de la forme baroque du livre il s'agissait
 de quelque chose de fondamental. Il s'en est suivi que la dévotion de mon enfance
et même de mon adolescence envers la Mère du Christ a fait place à une nouvelle
 attitude, une dévotion venue du plus profond de ma foi, comme du coeur même de
 la réalité trinitaire et christologique. Alors qu'auparavant je me tenais en retrait de
crainte que la dévotion mariale ne masque le Christ au lieu de lui céder le pas,
j'ai compris à la lumière du traité de Grignion de Monfort qu'il en allait en réalité tout autrement. Notre relation intérieure à la Mère de Dieu résulte organiquement de notre
lien au mystère du Christ. Il n'est donc pas question que l'un nous empêche de voir
 l'autre. (...) On peut même dire qu'à celui qui s'efforce de le connaître et
de l'aimer le Christ lui-même désigne sa Mère comme il l'a fait au Calvaire pour
 son disciple Jean.

André Frossard, dialogue avec Jean-Paul 2

 
 

 

 

 

 
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